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Le Journal Asthme & Allergies Infos
- Asthme & Allergies infos n°23
Consulter le plus tôt possible !
Reconnaître un asthme ou une allergie chez un nourrisson ou chez un enfant en âge scolaire est essentiel pour lui permettre d'accéder à un traitement adapté et ainsi minimiser les conséquences de sa maladie sur sa vie quotidienne puis sur sa vie en général. Aujourd'hui, grâce aux progrès thérapeutiques des ernières années, on ne doit plus avoir peur ni du mot « asthme », ni de l'asthme de son enfant. Les enfants asthmatiques traités grandissent, se développent parfaitement et participent pleinement aux activités physiques et sportives de leur choix.
Désormais, la vigilance des parents dès les premiers signes respiratoires, les traitements (et en particulier les traitements par voie inhalée), l'aménagement de l'habitat, la suppression du tabagisme et la possibilité de fréquenter des Écoles de l'asthme permettent une bonne prise en charge des enfants asthmatiques, les autorisant à mener une scolarité normale garante d'une bonne insertion sociale et professionnelle future. N'oublions pas cependant que l'immense majorité des enfants asthmatiques est allergique. Et là, tout n'est pas encore parfait. Les diagnostics d'allergie sont parfois très tardifs car on croit souvent, à tort, que les tests ne peuvent pas être pratiqués dans la petite enfance, retardant ainsi une prise en charge adaptée. De même, l'allergie alimentaire peut se révéler source de complications redoutables ; or l'application du PAI dans certaines cantines scolaires pose encore des difficultés.
Il n'existe pour l'instant aucun traitement préventif de l'allergie alimentaire, la seule solution reste l'éviction de l'aliment incriminé. Pour cela, la participation
de tous est essentielle (parents, enseignants, médecins, personnels de cantines scolaires et enfants, qui très tôt doivent apprendre à « gérer » leur alimentation) et dans ce domaine, des efforts d'information et de formation restent à faire. L'allergie alimentaire peut être la première étape qui précède l'allergie aux allergènes domestiques (acariens, chat, chien, etc.) et chez un enfant « siffleur », des tests cutanés ou sanguins positifs à un ou plusieurs allergènes incitent à une vigilance particulière.La marche de l'allergie commence souvent, mais pas toujours, par une atteinte cutanée (eczéma), une ou des allergies alimentaires, pour être suivies par des manifestations des voies respiratoires supérieures (rhinite et asthme). L'enquête allergologique dès les premières années de la vie reste très importante car c'est à cette période que se dessine en grande partie l'avenir de l'enfant allergique. Il est donc essentiel d'être vigilant et ne pas hésiter à consulter sans attendre un médecin dès l'apparition des premiers signes laissant suspecter une allergie. Une prise en charge adaptée, permettant de réduire les symptômes pourra alors être mise en route.
Pr Pierre Scheinmann
- Asthme & Allergies infos n°22
Les femmes, une cible privilégiée de l'asthme
L'asthme est une maladie qui peut tous nous atteindre : enfants ou adultes, hommes ou femmes. Cependant, la maladie est connue pour être éminemment variable dans le temps en fonction de l'environnement et des circonstances.
Le fait d'être un homme ou une femme est à considérer: pendant la petite enfance et jusqu'à l'âge de 12 ans, l'asthme est plus fréquent chez les garçons que chez les filles.
Ultérieurement, et ceci de façon définitive, le nombre de femmes asthmatiques sera supérieur à celui des hommes.
Il existe deux périodes pendant lesquelles le nombre de cas de la maladie augmente nettement : la période de la puberté et la période péri-ménopausique. Selon des études sur le profil de l'évolution de l'asthme, il est montré que les femmes, pour des raisons encore obscures, sont plus souvent atteintes de
formes sévères de la maladie.Le taux hormonal de la femme varie tout au long de sa vie et la puberté, la période de grossesse et la ménopause peuvent influencer l'évolution de l'asthme,
soit en l'améliorant, soit en l'aggravant. Bien que la vie hormonale de la femme soit très bien connue, l'influence de ses variations sur l'asthme n'est pas encore très claire car, par exemple, pendant la grossesse, la maladie respiratoire peut s'améliorer, se dégrader ou rester stable alors que les variations hormonales sont identiques.Les femmes restent (partiellement) un mystère !
DR Anne Prudhomme
- Asthme & Allergies infos n°21
Quand la peau réagit
À travers ce journal, l'association traite depuis maintenant de nombreuses années de sujets touchant les patients souffrant d'asthme et... d'allergies. L'allergie peut se manifester au niveau des bronches, du nez, des yeux et aussi au niveau de la peau.
Notre enveloppe cutanée est ainsi capable de s'exprimer sous forme de rougeurs, de plaques, de boursouflures, de croûtes, de plaies, de pustules, de démangeaisons... Sans des yeux exercés, cette diversité clinique rend souvent complexe le diagnostic. Il n'existe en effet pas de lésions cliniques évocatrices à 100 % d'allergie. C'est seulement un faisceau d'arguments donnés par un interrogatoire minutieux du patient qui permet de supposer que cet eczéma, cette
urticaire ou cette réaction apparue au cours d'un traitement médicamenteux peut être d'origine allergique, un bilan allergologique permettant ensuite de conforter cette hypothèse.Eczéma, urticaire, deux mots qui résonnent donc avec allergie mais, comme vous le découvrirez dans les articles de ce numéro, les choses vont vous paraître moins simples qu'il n'y paraît...
Un autre point qu'il fallait aborder était celui des allergies médicamenteuses qui peuvent revêtir plusieurs aspects et dont l'exploration allergologique est importante. En effet, porter à tort un diagnostic d'allergie en matière de médicaments peut s'avérer préjudiciable au fil des années, au patient qui se voit supprimer peut-être à tort une classe de médicaments qui pouvait lui être indispensable.
Voici donc un numéro haut en image et en couleur...
DR Pascale Mathelier-Fusade
- Asthme & Allergies infos n°20
S'informer, s'éduquer, se former au fil de la vie
« Au fil de la Vie » : la thématique de ce numéro d'Asthme et Allergies Infos et des 13es États Généraux nous amène à réfléchir sur la complexité des relations entre l'inné, c'està-dire le patrimoine génétique transmis par nos parents dès notre naissance - sur lequel nous n'avons guère d'influence et que nous devons, bon gré, mal gré accepter -, et l'acquis, c'est-à-dire notre mode de vie, notre environnement, notre travail, notre traitement, notre manière d'accepter la maladie, autrement dit tous les facteurs sur lesquels nous pouvons agir peu ou prou.
S'il est difficile voire impossible - et ce serait même non éthique - d'agir sur notre patrimoine génétique, force est de reconnaître que c'est pourtant lui qui détermine implacablement si l'on a, ou si l'on n'a pas, un terrain asthmatique et/ou un terrain allergique. Pour autant, ce terrain n'est pas le seul responsable ni le seul acteur de notre maladie asthmatique et/ou allergique.
Si notre mode de vie moderne est reconnu comme étant grandement pourvoyeur d'asthme et d'allergies, nous pouvons néanmoins être acteurs et agir, en modifiant en partie le cours des choses. Ainsi, éviter les diversifications alimentaires trop précoces chez le bébé, combattre la sédentarité et le surpoids, fuir le tabagisme passif, éviter autant que possible le contact avec les allergènes et les polluants de l'habitat ou de l'extérieur, représentent indiscutablement des attitudes qui permettent de combattre l'asthme et les allergies. On peut réellement intervenir sur ces facteurs de risque et ne plus être passif vis-à-vis de la maladie. L'asthme et les allergies ne sont plus désormais des maladies qu'il faut subir.
Faire établir le diagnostic précoce et précis d'une allergie, savoir reconnaître les allergènes alimentaires qui sont croisés à d'autres allergènes, exiger que l'asthme soit nommé comme tel - plutôt que d'accepter diverses appellations comme « bronchite asthmatiforme » - , qui font retarder le traitement adapté, permettent à coup sûr une meilleure prise en charge.
Les progrès thérapeutiques récents - et ceux que nous promet le futur - , l'aide apportée par l'éducation thérapeutique des Ecoles de l'asthme, les échanges entre malades par les associations régionales, les actions d'information comme les États Généraux de l'Asthme et de l'Allergie, ou la Journée mondiale de l'asthme, ont pour objectif commun une meilleure autogestion de la maladie.
De même, la notion de « qualité de vie » vise à ne plus considérer sa maladie exclusivement comme une contrainte, mais à mieux l'appréhender pour s'approcher d'une vie aussi épanouie que possible en dépit de sa chronicité.
Pour le professionnel de santé, une plus grande écoute du malade, et pour le malade l'acceptation en confiance du traitement prescrit, constituent un partenariat autour duquel la maladie n'est plus vécue comme une fatalité.
L'Association ASTHME & ALLERGIES et tous les membres qui la composent sont là pour témoigner, aider, former, éduquer, afin qu'aucun de nous, malades ou professionnels de santé, ne tombent dans le fatalisme ou la désespérance.Informer, éduquer et former constituent plus que jamais la mission essentielle à laquelle l'Association ASTHME & ALLERGIES continue d'oeuvrer au quotidien.
Pr Daniel Vervloet
- Asthme & Allergies infos n°19
Aider les fumeurs à s'arrêter
Tout le monde sait que le tabac n'est pas bon pour la santé, ni pour le fumeur actif, ni pour le fumeur passif. Pourtant, un tiers de la population fume et un quart des asthmatiques n'y ont pas renoncé. Alors, que faire ? Stigmatiser le fumeur ? Rendre encore plus intolérant le non-fumeur ? Envisager autre chose ? Cette « autre chose », c'est à l'évidence diminuer les tentations d'une part, et aider ceux qui fument à s'arrêter d'autre part.
Diminuer les tentations et en même temps protéger le nonfumeur de l'environnement tabagique nécessite un courage du politique qui doit prendre les décisions justes et surtout les faire respecter : « Pas de tabac dans les lieux publics » Aider le fumeur à s'arrêter, c'est non seulement lui donner les informations nécessaires sur les dangers du tabac, mais surtout le faire adhérer à ces informations, l'aider à décider de s'arrêter, l'amener à initier ce changement d'attitude, et enfin le soutenir pour que ce changement soit maintenu dans le temps. D'où l'intérêt des consultations d'aide au sevrage tabagique. D'où la nécessité de faciliter la mise à disposition des outils permettant le sevrage (patchs...). D'où la prise de conscience du réel besoin d'accompagner le fumeur sans le culpabiliser. Il s'agit là d'un cheminement un peu comparable à celui de l'éducation thérapeutique des asthmatiques dont le but n'est pas seulement d'apporter des connaissances mais d'amener le patient à adhérer aux propositions faites par le médecin.
L'association Asthme & Allergies est là au coeur même de ses missions, sur le tabac comme sur l'asthme et les allergies: informer, former, éduquer.
Pr Daniel Vervloet
- Asthme & Allergies infos n°18
Parlez-en
Lorsque vous appelez l'Association Asthme & Allergies, nous sommes souvent surpris de constater que vous exprimez auprès de nous des préoccupations que vous dites ne pas aborder avec votre médecin. Lorsqu'il m'arrive de répondre moi-même au numéro vert, je conclus parf o i s l'appel en disant : « Parlez-en avec votre médecin » . Souvent, on me répond : « Ah bon ? », « Vous croyez ? » , « Je n'ose pas », « Que va-t-il penser ? » Surprenant ? Pas tant que cela. En effet, qui n'a jamais menti à son médecin par peur de le décevoir, d'être ridicule, d'être incompris, d'être « jugé », d'être « rejeté » ? Admettre que l'on ne se séparera jamais du chat que l'on adore alors que chaque contact avec Kiki provoque des crises terribles d'éternuements et de démangeaisons ; ou encore reconnaître que l'on de donne pas les corticoïdes prescrits à son enfant car on a peur que sa croissance s'arrête alors que l'on a assuré au médecin que l'on suivait ses prescriptions, n'est pas simple. Ces situations sont pourtant très fréquentes. Et je ne parle pas des angoisses, de la honte d'aborder certains sujets, ou du fait que l'on n'a tout simplement pas compris ce qu'avait dit le médecin, ou que l'on estime que les symptômes auxquels on est habitué sont normaux. Non, il n'est pas normal d'être constamment essoufflé. Non, il n'est pas normal de ne pas pouvoir pratiquer le sport que l'on aime. Non, il n'est pas normal d'avoir constamment le nez bouché. Non, il n'est pas normal de ne pas pouvoir faire l'amour quand on est asthmatique. Non, il n'est pas normal de tousser toutes les nuits. Non, il n'est pas normal de voir son enfant exclu de la maternelle... Parlez-en à votre médecin !... Il serait peut-être temps de considérer son médecin comme un véritable partenaire, sinon l'incompréhension mutuelle est assurée. À nous de faire preuve d'une vraie volonté de se prendre en charge, de bien préparer la consultation pour ne rien oublier, d'exprimer ce qui nous préoccupe (il n'y a pas de questions « idiotes »), charge au médecin de faire preuve d'empathie (capacité de se mettre à la place de l'autre). Il serait dommage de s'en priver car des solutions existent.
Christine Rolland
- Asthme & Allergies infos n°17
A vos souhaits : pour que votre nez se la coule douce
Eternuements, nez bouché, qui coule ou qui gratte ? Rien de plus banal, même en l'absence d'allergie...
Ces signes peuvent devenir particulièrement invalidants chez le sujet allergique, du fait de la répétition des symptômes dans certaines conditions, de leur persistance, de leur intensité. Il s'ensuit rapidement des conséquences sur les activités sociales, professionnelles ou scolaires des patients. L'altération de la qualité de vie est plus importante dans la rhinite persistante. La qualité du sommeil peut être perturbée, entraînant un état de fatigue et des troubles de l'attention et de l'humeur. Un nez bouché se complique souvent d'une diminution de l'odorat, pouvant aboutir à une perte parfois complète de ce dernier (anosmie) ainsi que du goût (agueusie). Une respiration uniquement buccale peut, chez un enfant, provoquer des troubles de la dentition. Des manifestations oculaires sont fréquemment associées à la rhinite chez les patients allergiques. On parle alors de rhino-conjonctivite.
La rhinite allergique est une maladie inflammatoire de la muqueuse nasale. Mais celle-ci ne reste pas localisée au niveau du nez et des sinus. Elle s'étend à l'ensemble des voies aériennes, des narines aux petites bronches. Ainsi, des études ont montré que plus de 50 % des patients ayant une rhinite allergique présentent une hyperréactivité bronchique qui peut se traduire par un asthme. Une rhinite non traitée peut évoluer vers un asthme, et chez un sujet asthmatique, la présence d'une rhinite peut aggraver l'asthme.
Au niveau nasal, l'inflammation se traduit par une hyperréactivité de la muqueuse à de nombreux stimuli : par exemple, un sujet allergique aux acariens va présenter une rhinite au contact de la poussière, mais il va également réagir de manière non spécifique lorsqu'il sera exposé à des fumées, des odeurs fortes, des produits chimiques...
Il est donc très important, en cas de manifestations nasales répétées de consulter son médecin. Il ne faut pas se contenter d'une automédication. L'abus de certains médicaments, en particulier des vaso-constricteurs, peut entraîner des effets secondaires parfois graves. Mais attention, un nez qui coule n'est pas toujours allergique, même si les symptômes cèdent sous antihistaminique. De plus, si le nez coule ou n'est bouché que d'un côté, une consultation chez un ORL s'impose : les signes unilatéraux ne sont pas d'ordre allergique.
Dr Patrick Rufin
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